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Le désabusement des Québécois à l’égard des partis politiques serait tel que selon un sondage publié dans La Presse+, quatre-vingt pour cent des gens croient qu’il faut changer le système des partis politiques au Québec.

Pour moi, cela devrait concerner tous les ordres de gouvernement, fédéral, provincial ou municipal.

Je me demande si cette évaluation n’est pas due au fait que bien des politiciens ont choisi de prioriser une démocratie représentative, c’est-à-dire un système où il ne subsisterait plus que le processus électoral. Cela signifierait que pour eux, les citoyens peuvent choisir leurs représentants une fois aux quatre ans et leur laisser le champ libre entre deux élections. À ça, s’ajouterait le fait que pour beaucoup de citoyens, les promesses électorales ne sont que des promesses, elles relèvent de l’ordre du discours bien davantage que d’une volonté concrète de présenter aux citoyens une vision de société claire, une vision qui marquerait les orientations en fonction desquelles les choix politiques seraient fait. Autrement dit, pour ces politiciens, les promesses servent de carottes pour attirer les électeurs.

Certains élus, tenants de cette orientation, auraient tendance, à mes yeux, à vouloir fonctionner dans une efficacité similaire à celle supposément des entreprises privées. Ils fonctionneraient en se fiant à l’image de l’entrepreneur. Pour cette raison, ils auraient tendance à ne pas estimer stratégique de s’entendre, avant toutes choses, avec toutes les parties prenantes d’un dossier. Cette consultation nécessaire pour que les projets reçoivent une forme d’acceptabilité sociale, prend du temps et on le sait tous, pour des entrepreneurs, le temps, c’est de l’argent. Ce type d’élus semblent considérer la consultation citoyenne comme non nécessaire, voire, au pire comme nuisible.

On peut se questionner sur leur conception de leur rôle et leur sens de l’État. Diriger un gouvernement, ce n’est pas diriger une entreprise, les objectifs sont fort différents. Les choix sont beaucoup plus complexes à faire que dans une entreprise.

Rares sont les politiciens qui auraient choisi de privilégier la voie de la démocratie participative. Toutefois, on voit un peu partout l’émergence de pratiques participatives. Des pratiques qui incluent les citoyens. On peut songer, par exemple, au budget participatif qui se répand dans de nombreuses villes depuis l’expérience de Porto Alegre (Brésil) en 1989. Entre 1300 et 2700 programmes seraient actuellement en cours.

Des mécanismes de consultation et de reddition de comptes seraient sans doute des choix pertinents pour une véritable démocratie participative, des lieux ou des moyens qui permettent aux citoyens de s’exprimer tout en sachant qu’il y aura explication par les décideurs sur les choix faits, les citoyens pouvant alors comprendre le rationnel en arrière des choix et, ainsi, avoir le sentiment d’avoir été écouté et, dans certains cas, avoir pu inspirer une action entreprise par des élus au pouvoir.

Toute la question porte sur le type de système dans lequel nous voulons vivre comme citoyen. Des politiciens qui ne veulent nous entendre qu’au moment des élections ou des politiciens qui estiment que les citoyens représentent une partie essentielle du système démocratique. À l’heure actuelle, il me semble que ce que l’on voit au Québec et dans les municipalités, ce sont, pour une très large part, des politiciens qui en sont encore à l’étape de la démocratie représentative et qui minimisent l’importance de l’expression citoyenne, bien souvent, diraient certains au profit de promoteurs ou de grandes entreprise – est-ce que la réaction de Régis Labeaume sur les plaintes déposées par des citoyens à propos du terrain où pourrait être érigé Le Phare (rapportée par Annie Morin dans Le Soleil du 28 mai) ne va pas dans ce sens?

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