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J’ai assisté, le 19 juin 2018, à une rencontre dite d’information sur le projet Le Phare organisée par le groupe Dallaire – quatre tours (de 15 à 65 étages), une salle de spectacle et une place publique.

On nous a vanté ce projet, son architecture, sa conception, les experts internationaux consultés. Il apparaît que la salle de spectacle sera impressionnante en termes technologiques, une salle qui comprendra aussi un espace de création.

On a insisté sur le fait que Le Phare devait être vu comme un quartier complet en lui-même pour des gens qui y vivront, y travailleront et s’y divertiront, d’un quartier qui sera animé et aura une âme. Toutefois, peut-on vraiment croire qu’on peut créer, de toutes pièces, l’âme d’un quartier? À ma connaissance, ce sont les gens qui vivent dans un quartier qui en font l’âme, celle-ci ne pouvant se décréter d’emblée.

On nous a également fait valoir le fait que le groupe Dallaire avait offert à la Ville de Québec, de placer sous Le Phare un important pôle d’échange pour le réseau structurant de transport en commun, ce pôle devant être placé sous la tour principale.

Michel Dallaire a confirmé qu’il entendait commencer les travaux de construction d’une des tours du complexe Le Phare en 2019, ce qui devrait se dérouler sur une période de quatre ans.

Toutefois, on ne nous a pas parlé des problèmes de circulation dans ce secteur déjà achalandé. À ma connaissance, le réseau structurant de transport en commun sera complété seulement en 2026, si les travaux ne sont affectés par aucun impondérable.

On nous dit que le pôle d’échange pour le transport en commun recevra 10 000 personnes par jour. Mais ce pôle se situera sous la tour principale qui ne sera pas construite dans les premières étapes de réalisation du Phare. Qu’en sera-t-il d’ici à ce que le réseau structurant soit en place et fonctionne? Est-ce qu’on ne présumerait pas aussi que bien des gens passeront allègrement de l’auto au transport en commun?

On ne nous parle pas non plus des impacts de ce projet sur les quartiers environnants, sur la location de bureaux, sur l’offre de spectacles dans les autres arrondissements. La Ville saura-t-elle répondre à ce type de questions? C’est à espérer parce qu’à moi, ce Phare m’a fait penser à un ghetto de riches, me souvenant d’avoir entendu Michel Dallaire interviewé par Bruno Savard de Radio-Canada, il y a probablement deux ans, lui dire que le prix des condos partirait à 750 000$, on peut croire que le prix des appartements offerts en location serait aussi à cette hauteur, c'est-à-dire inaccessible à la classe moyenne dont le revenu annuel tourne autour de 50 000$ annuellement.

J’ai été fort étonnée que ce promoteur ne semble pas se soucier plus que ça de la question de l’acceptabilité sociale de son projet qui a suscité un tollé parmi bien des groupes et chez beaucoup de citoyens. Michel Dallaire a précisé, à la toute fin, que son groupe suivrait l’évolution du marché. Est-ce que cela veut dire que ça se pourrait que la construction du complexe prenne beaucoup plus de temps? Ou encore qu’il ne se réalise pas au complet? Qui peut se vanter de pouvoir prédire, avec certitude, ce qu’il en sera de l’économie de Québec et du Québec et, par conséquent, de ce que sera le marché dans cinq ans, sept ans, dix ans? On le sait, le marché est changeant. Preuve en est, c’est que la Ville est pour l’instant en surplus de condo, qui amène une diminution légère de l’évaluation de la valeur des condos selon les médias.

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