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Elle avait longtemps pensé que les membres de sa famille devaient être solidaires les uns des autres. Surtout en cas d’épreuve ou lorsqu’une personne âgée aurait besoin d’accompagnement, de soutien dans les derniers mois ou les dernières années de sa vie. La solidarité supposait pour elle partage, entraide, coopération et concertation.

Toutefois, elle se rendait maintenant compte qu’au moins pour deux des membres de sa fratrie, il n’y avait ni solidarité, ni entraide dans les derniers temps de la vie de leur mère, rendue à plus de 97 ans.

 La solidarité, c’était pour elle, une valeur primordiale. Mais la solidarité supposait à ses yeux une certaine forme de réciprocité, le sentiment de pouvoir compter sur les membres de sa famille. Elle savait que c’était le cas dans d’autres familles, mais ce ne l’était pas dans la sienne.

 Une de ses amies lui avait expliqué comment le réseau familial s’était tissé autour de sa mère pour l’aider à la suite de son récent accident. Chacun avertissant les autres de ses disponibilités afin que les besoins de la mère soient pris en compte et que nul ne soit surchargé. Ce réseau comprenait bien sûr les enfants de cet femme âgée, mais aussi les conjoints des enfants, voire certains petits enfants. Ce partage de tâches apparaissait tout à fait normal à cette amie.

 Elle était cependant loin de vivre cela. De plus, quand elle demandait quelque chose, ce n’était pas nécessairement bien pris, voire, c’était compris comme une forme de contrôle ...même informer l’aidante principale de la présence auprès de la personne aidée semblait être vue davantage comme un caprice que comme le besoin de pouvoir bénéficier d’un répit. Ces personnes peu présentes dans la vie de leur mère ne se rendaient pas du tout compte de l’énergie requise pour accompagner quelqu’un vers la dernière étape de sa vie.

C'est pourquoi, elle sentait qu’elle ne comptait pas vraiment pour sa fratrie.

 À près de 70 ans, elle devait accepter qu’une fois sa mère partie, elle serait sans famille puisque chacun des membres de sa fratrie vivait sa vie de façon ultra-individualiste, ce qui avait limité la possibilité de développer plus avant une forme d’amitié entre eux.

S'il y avait solidarité entre les membres de sa famille, elle ne se préparerait pas à un double deuil, celui de la mère et celui de la famille. Elle trouvait ça lourd à porter, même si elle était consciente que les familles où il y a solidarité peuvent s’avérer peu nombreuses.

Elle en était venue à la conclusion que non seulement les personnes vieillissent comme elles ont vécu, mais également les groupes. Les membres de sa fratrie n’avaient pas appris la solidarité et ils ne la mettaient pas en pratique, arrivé à une étape importante de la vie d’adulte, celle de la perte rapprochée du dernier parent, en l’occurrence leur mère. Elle se disait donc que sa famille éclaterait bientôt à l’instar de bien des familles quand le dernier parent vivant disparaît.

 

 

 

 

 

 

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