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On estime généralement qu’on est adulte à partir de l’âge de la majorité, soit dix-huit ans.

Que veut dire toutefois être adulte? Généralement, on convient que l’âge adulte est celui de l’autonomie personnelle, de la période où on assume pleinement ses choix et on a fait un bilan lucide de l’éducation reçue dans sa famille. Cela suppose cependant la lucidité de constater non seulement les limites de celle-ci, mais encore ses aspects positifs.

Tous les parents ont des compétences importantes sur certains sujets, mais certaines sont plus limitées. Aucun parent n’est parfait. Être adulte, pour elle, c’était accepter que chacun est foncièrement imparfait, même ses propres parents que l’on voyait comme pourtant comme parfaits dans l’enfance. Cependant, pour certains, cette opération «bilan » ne se fait pas.

Certains adultes semblent incapables de se départir de l’état de révolte de l’adolescence. C’est ce que certains théoriciens de « psycho-pop » appellent le complexe de Peter Pan.

Elle avait connu quelqu’un qui semblait éprouver encore la colère de sa jeunesse. Il était incapable d’assumer la récrimination à l’endroit de ses figures parentales, même si ça faisait plus de cinquante ans qu’il ne l’était plus.

Cet adulte trouvait normal de s’occuper très peu de sa mère, qui était en grande perte d’autonomie et qui aurait été très seule, si sa sœur ne s’en était pas beaucoup occupée. Il avait pour son dire que sa mère était responsable de sa situation, ayant éprouvé de grandes difficultés à se faire des amies. Il ne se rendait pas compte qu’à l’âge de plus de 96 ans, même si sa mère avait eu des amies tout au long de sa vie, il y a de fortes chances que la très grande majorité d’entre elles seraient décédées. La récrimination de cet homme était telle qu’il a refusé de tenir compte d’une demande de concertation des visites à leur mère faite par l’aidante principale. Il avait pour son dire que l’épuisement qui la caractérisait était une responsabilité personnelle de l’aidante, il ne se voyait aucunement comme pouvant assumer même d’informer ladite aidante de ses visites à leur mère pour qu’elle puisse souffler un peu.

L’aidante a déduit plusieurs choses de cette conversation pour le moins difficile. Son frère était absolument indifférent à son sort et il ne se sentait aucunement solidaire avec sa mère.

Pour ne pas perdre son image sociale, il pouvait accepter de participer à certaines tâches spécifiques comme le déménagement de la mère dans un CHSLD et la fermeture de son appartement.

L’aidante ne pouvait que comprendre que le lien fraternel qu’elle pensait ferme, ne l’était pas du tout. Elle se voyait comme un poids aux yeux de son frère, ce qui est pour le moins très désagréable.

Les psychologues disent que les derniers temps de vie de la figure parentale peuvent faire remonter à la surface les dynamiques d’enfance. C’est plus que possible dans ce cas, comme dans celui de l’une des sœurs de l’aidante. Ces sexagénaires affectés d’un complexe de Peter Pan ne semblant pas avoir grandi. Heureusement, ce n’était pas le cas de tous les membres de la fratrie de l’aidante.

L’aidante a fini par se dire que l’empathie était quelque chose de très rare et mal partagée, mais pourtant si important dans la vie. Ce n’est pas des sexagénaires comme ceux-là qui peuvent en éprouver, elle en était persuadée et pourtant, ces deux personnes estiment vraisemblablement l’être, considérant qu’ils ont tous les deux faits des reproches de cet ordre à leurs parents.

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